L’année 2020 a été particulièrement difficile pour de nombreux secteurs d’activité. L’épidémie de coronavirus a mis à mal de nombreuses entreprises saisonnières, notamment dans les secteurs du tourisme, de la restauration et de l’hôtellerie.
Selon l’Insee, la restauration collective a vu son chiffre d’affaires baisser de 40% en mai 2020 par rapport à janvier de la même année*. En ce qui concerne l’hébergement, les hôtels ont perdu 58% de leurs nuitées sur la saison d’été par rapport à la saison 2019**. Un impact sans précédent qui a nécessité de la part des entreprises la mise en place d’une véritable gestion de crise.

Entreprises saisonnières : comment gérer les RH et la paie ?

Ce secteur bien particulier est soumis au rythme des saisons. Les entreprises doivent donc adapter la gestion de leurs RH afin de recruter des salariés qualifiés, et souvent polyvalents, capables de faire face à la hausse d’activité. Le service RH et paie dans les entreprises saisonnières ou de la restauration ne répond donc pas aux mêmes contraintes que les entreprises “classiques”, voici ce qu’il faut savoir.

L’embauche des saisonniers

Quelques formalités sont à respecter pour embaucher un saisonnier ou un travailleur dans le secteur de la restauration :

– L’employeur doit réaliser une Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE) (anciennement Déclaration Unique d’Embauche) auprès de l’Urssaf et ce, au moins 8 jours avant l’embauche.

– L’employeur remet ensuite au saisonnier une copie de la DUE ou de l’accusé de réception de la déclaration ainsi qu’un contrat de travail et un contrat de mission dans le cadre d’une mise à disposition.

– Le salarié embauché doit être inscrit sur le registre unique du personnel de l’employeur.

Le saisonnier est généralement embauché en CDD lorsque l’entreprise a besoin de travailleurs supplémentaires pour faire face à une variation d’activité due à la saison.

En revanche, si l’entreprise par nature comporte des périodes travaillées et des périodes non travaillées liées à son activité normale (cours de ski, location de jet-ski, etc.), l’employeur aura recours au CTI, contrat de travail intermittent à durée indéterminée.


Entrée/sortie des salariés

Une fois embauché, le saisonnier bénéficie des mêmes droits que le salarié “classique” en ce qui concerne l’assurance chômage, les cotisations à la sécurité sociale, les accidents de travail, etc. Il effectue ses missions jusqu’à l’échéance du contrat. La durée du contrat ne peut s’étendre à plus de 8 mois.

Le CDD saisonnier peut être reconduit pour le même poste l’année suivante. Une clause de reconduction peut également être intégrée au contrat, celle-ci engage l’employeur à reprendre le travailleur à la saison suivante. Depuis l’arrêté du 5 mai 2017, le travailleur saisonnier peut bénéficier d’une reconduction automatique de son contrat s’il a effectué au moins 2 mêmes saisons dans l’entreprise sur deux années consécutives et si l’employeur a un poste saisonnier à pourvoir qui soit compatible avec les compétences du saisonnier.

Bulletins de paie

Le salaire du saisonnier se base sur une rémunération à l’heure et non pas au mois. Il dépend donc des heures travaillées et correspond à :

100% du SMIC pour les travailleurs majeurs (soit 10,25 euros bruts / heure en 2021)

90% du SMIC pour les travailleurs de 17 et 18 ans (soit 9,22 euros bruts / heure en 2021)

80% du SMIC pour les travailleurs de 16 ans (soit 8,20 euros bruts / heure en 2021)

La paie du saisonnier doit être versée une fois par mois et pour ceux qui sont exclus de la mensualisation, au moins deux fois par mois et à 16 jours d’intervalle au maximum. Concernant le bulletin de paie, il est remis au saisonnier comme pour tout autre contrat “classique”. En revanche, si le contrat est inférieur à 1 mois et qu’il s’échelonne sur deux mois civils consécutifs, un seul bulletin peut être remis.

 

*Source Insee : Restauration collective
** Source Insee :
Saison d’été 2019 : une fréquentation estivale record

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